Depuis des années, Meghan Markle, la duchesse de Sussex, est la cible d’une intense attention médiatique et de spéculations incessantes sur Internet. Parmi les théories du complot les plus étranges et persistantes à son sujet figure l’allégation selon laquelle elle aurait simulé ses grossesses avec le prince Archie et la princesse Lilibet, en utilisant un faux ventre – souvent appelé « moonbump » sur Internet – et en ayant recours à une mère porteuse. Bien que ces affirmations aient été formellement démenties, elles mettent en lumière le côté toxique de la culture des célébrités contemporaines et l’hostilité particulière dont Meghan fait l’objet.
Anatomie d’une théorie du complot
La rumeur a commencé à prendre de l’ampleur pendant la grossesse de Meghan avec Archie, fin 2018 et début 2019. Des internautes malveillants ont alors commencé à analyser les photos et vidéos de presse avec une minutie obsessionnelle. Ils relevaient des moments où son ventre semblait « gonfler », s’aplatir ou changer de forme lorsqu’elle bougeait ou s’asseyait.
Ces « indices » ont été largement relayés sur les réseaux sociaux comme X (anciennement Twitter), YouTube et Reddit, sous des hashtags tels que #Megxit et #FakePregnancy. Certains ont avancé que la rapidité avec laquelle elle avait retrouvé sa silhouette d’avant grossesse, ou le respect de la vie privée dont elle et le prince Harry avaient fait preuve lors des accouchements, étaient des preuves de dissimulation. Les rumeurs ont refait surface en 2021, lors de sa grossesse avec Lilibet, alimentées par les mêmes cercles de critiques.
Démystifier le mythe
En réalité, les « preuves » présentées par les théoriciens du complot reposent entièrement sur des distorsions visuelles, la mécanique naturelle des vêtements et une méconnaissance des mouvements du corps des femmes enceintes.
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Tissus et éclairage : La soie, la laine et les manteaux épais ont un tombé différent selon l’angle de prise de vue, l’éclairage et la posture. Une bosse qui paraît ronde sur une photo et légèrement anguleuse sur une autre est due à une illusion d’optique et à la tension du tissu, et non à un accessoire amovible.
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Réalités médicales : Chaque femme vit sa grossesse différemment. Des facteurs tels que la force des muscles abdominaux, la position du bébé et le fait qu’il s’agisse d’une première ou d’une deuxième grossesse déterminent la forme et la taille du ventre.
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L’appareil royal : La famille royale britannique et ses équipes médicales sont soumises à des protocoles stricts. Les annonces officielles de naissance ont été signées par d’éminents professionnels de la santé, rendant logistiquement impossible la dissimulation d’un complot de cette ampleur.
Le coût humain du cyberharcèlement
Dans leur série documentaire Netflix de 2022, Harry & Meghan , le couple a évoqué l’immense impact psychologique de ces rumeurs. Christopher Bouzy, PDG d’une entreprise technologique qui a analysé les données des réseaux sociaux pour le documentaire, a révélé qu’un réseau coordonné de comptes était responsable de la diffusion de la majorité des discours haineux et des fausses informations visant Meghan, notamment la rumeur de sa fausse grossesse.
Le prince Harry a exprimé sa profonde tristesse face à ces rumeurs, soulignant combien il était dangereux et isolant pour son épouse d’être la cible d’une telle violence verbale alors qu’elle doit faire face aux vulnérabilités de la maternité.
En résumé, les rumeurs persistantes concernant les grossesses de Meghan Markle illustrent parfaitement comment la désinformation peut être instrumentalisée contre les personnalités publiques. Alimentée par des biais algorithmiques et une animosité personnelle, la théorie du « gros ventre lunaire » est passée d’une plaisanterie marginale sur Internet à une campagne de harcèlement qui a duré des années, prouvant que pour la duchesse de Sussex, la notoriété a souvent un prix sombre et impitoyable.